Son nom, dérivé du grec "merizo" (partager, fragmenter), rappelle la fragmentation du bois qu'elle provoque. Certains ont utilisé le nom au masculin, genre du nom latin qui lui fut donné au siècle dernier, mais l'usage du féminin lui a été appliqué depuis longtemps et par des mycologues de renom. Les noms vernaculaires rencontrés en France sont "la mérule", "la mérule pleureuse" du fait des larmes colorées qu'exsude son mycélium ou encore "la mérule des maisons". En fait, l'appelation "Mérule" se compose de plusieurs espèces de champignons. Nous vous présenterons, ici, celle qui nous concerne le plus, car la plus fréquemment rencontrée sous nos latitudes et également la plus dévastatrice : Serpula lacrymans.
Ce champignon lignivore, très cosmopolite, n'attaque que le bois d'oeuvre, surtout les résineux mais fréquemment aussi les feuillus. Serpula lacrymans se rencontre dans les zones tempérées de tout l'hémisphère Nord. Son apparition est en fait étroitement liée à l'humidification du bois. De plus, si l'atmosphère est confinée, sa croissance sera favorisée.
Le développement de la mérule se décompose en 2 phases :
• Formation végétative : la germination de la spore produit une masse ouateuse blanche qui peut atteindre 5 à 50 mm d'épaisseur et qui peut prendre, sous une lumière diffuse, une teinte jaune canari. Il s'agit du mycélium primaire. Par fusion de mycélium issu de spores différentes, il se forme un mycélium blanc très abondant parce que de croissance vigoureuse, le mycélium secondaire.
Suivant les conditions d'ambiance favorables et suivant la nature nutritive du substrat, ce mycélium évolue en format ou des masses ouateuses blanches parfois très volumineuses jusqu'à plusieurs mètres cubes ou des coussins plus ou moins épais, généralement de 2 à 4 cm d'épaisseur, passant au jaune, vert, rose ou violacé et acquérant avec l'âge une surface plus tenace de teinte ocre ou grise.
Le mycélium frais a généralement une odeur agréable de champignon comestible, mais a une saveur amère et est toxique.
C'est dans le mycélium que se forment des cordons mycéliens de plus en plus épais, ramifiés, cylindriques ou aplatis appelés, improprement, "rhizomorphes".